Oh le malheureux gargouillement par un bel après-midi !

Les sculptures en chewing-gum ont pris forme dans l’enclos de ma bouche. Place où fermentent habituellement les mots, où s’articulent et se libèrent les idées ; la bouche est aussi le lieu amoureux par excellence.

Il fallait qu’elles soient façonnées de cette manière, pour que ces figures un peu dérisoires expriment la part caduque et instable de l’expression. Sartre regrettait : « Nous ne sommes pas encore débarrassés de cette illusion primitive suivant laquelle connaître, c’est manger, c’est-à-dire ingérer l’objet connu, s’en remplir (Erfüllung) et le digérer (‘‘assimilation’’) ». Ici, tout est mâché pour être recraché, tout est chewing-gum.