Artiste/Designer graphique/Auteur
Angélique
Boudeau
Département
Année de diplôme
2016
Biographie

Avant d’intégrer l’ESADHaR au département design graphique et interactivité, Angélique Boudeau a étudié la communication visuelle à l'EESAB de Lorient. Diplômée en 2016 à l'ESADHaR, son engagement envers l'écologie et les logiciels libres ont une place centrale dans sa pratique graphique. Aujourd'hui Angélique Boudeau vit à Nantes et travaille en France.

CV

angelique.boudeau@gmail.com

Texte critique

Le contexte de crise écologique qui baigne notre quotidien rebat les cartes des réflexions autour de notre manière de travailler et d’envisager une production, quelle qu’elle soit, tout en nous interrogeant sur notre rapport au monde et aux objets qui le composent. La démarche d’Angélique Boudeau s’inscrit dans ce questionnement ; mieux : le transpose au milieu spécifique du graphisme. L’acmé de ses recherches devient alors : « est-il possible de réaliser un design graphique écologique ? ». Sans asséner de réponses strictes à une problématique actuelle, elle cherche à faire émerger différents processus réflexifs et à engendrer une nouvelle façon de produire des formes plastiques. Consciente de l’aspect utopique de trouver, seule, une solution rapide et durable à la réduction d’une empreinte carbone des supports graphiques, numériques ou papiers d’ailleurs, elle se documente et partage ses hypothèses dans le souhait d’ouvrir un débat constructif. Elle écrit par exemple des chartes dans lesquelles sont rappelés autant des gestes de savoir-vivre et de non-gaspillage que des propositions pour être plus en accord avec l’environnement naturel où l’humain évolue, ce qu’il oublie bien souvent. Des enjeux éthiques et moraux apparaissent dès lors dans les panneaux de citations qu’elle expose. De plus, elle tente d’élaborer ses propres outils et médiums par des procédés écologiques ou par de la récupération de rebuts, dans l’objectif de façonner ses affiches, éditions ou installations. Elle fabrique ainsi une yourte à partir d’éléments collectés puis détournés de leur usage premier. Cette forme par essence nomade lui permet donc de concrétiser un espace pluriel de réflexion, de création et d’exposition, tout en assurant un faible impact environnemental.

Thomas Fort, 2016