Artiste/Designer graphique/Auteur
Valentin
Daniel
Département
Année de diplôme
2016
Biographie

Diplômé d’un DNSEP en design graphique & intéractivité (avec mention) après avoir obtenu un DNAP et un BTS en communication. Valentin Daniel (1992) vit au Havre où il tente d’élargir et de compléter ses compétences de designer graphique. Il s’intéresse essentiellement aux mutations du récit et aux conséquences qu’ont celles-ci sur les images qui les accompagnent. Collectionneur de jeux et jouets de toutes époques, c’est l’esthétique et la plasticité des images du jeu vidéo que l’on retrouve dans l’origine de ses projets et de sa pensée. À la fois, joueur, lecteur et créateur assidu, c’est sa passion pour l’expérience du récit et la culture pop qui le guide dans ses recherches et ses travaux.

Texte critique

Valentin Daniel part d'un phénomène dont le nom est peut-être méconnu, mais le concept en réalité plus familier : les creepypastas. Déformation ironique du terme copy-paste (« copier-coller » en anglais), ces légendes urbaines qui circulent sur Internet sont à la fois le sujet et la forme du projet de l'artiste. Ces histoires fictives, dont les versions se démultiplient à l'infini, illustrent le fonctionnement non linéaire mais collaboratif du récit sur la toile.

Dans l'esprit de cette forme littéraire, l'artiste s'est approprié les sprites, ces éléments graphiques animés tirés des jeux vidéo Pokémon. Cet univers pop aux couleurs criardes est un prétexte contemporain pour parler de l'adaptabilité des supports du récit : objets imprimés, livres, affiches, pages web, figurines, etc. Le projet de l'artiste, s'il ne relève pas du trans-média à proprement parler, en emprunte certains aspects. Ainsi de la combinaison des supports qui s'imbriquent les uns dans les autres pour livrer une histoire plus complète du texte de David Peyron intitulé « Une analyse du phénomène des creepypastas ».1

Clin d'œil à une esthétique low tech, que ce soit par le biais de la sérigraphie, capable de certaines superpositions mais accusant les erreurs humaines, ou encore par celui du web 1.0, avec son WordArt et les polices Times ou Arial, l'artiste suscite une nostalgie technologique. Pourtant le design de son projet est avant tout dicté par des techniques qui rendent possibles un usage universel, en l'occurrence le recours au CCSPRINT et au HTML2PRINT qui permettent d'adapter un contenu web sur tout support en conservant la hiérarchie du texte sans nécessité de passer par des logiciels complexes.

Agnès Noël, 2016

 

1. David Peyron, « Une analyse du phénomène des creepypastas », publié le 7 octobre 2015, https://davidpeyron.wordpress.com/2015/10/07/une-analyse-du-phenomene-des-creepypastas-partie-1/